Des free hugs à volonté

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Rencontre avec Marc de Handamitié et Alexandre, son binôme Scout. Propos receuillis par Anne Pernot


Anne P. : Marc, qui es-tu ? Avec quel groupe es-tu venu aux JMJ Hors-Normes ?

Marc : Moi je fais partie du groupe auquel j’appartiens [NDLR : Handamité]. J’en suis à mes 7e JMJ. Comme dit mon cousin : « Je suis un routard des JMJ ». Je suis venu ici pour rencontrer des personnes différentes, d’origines différentes. Je suis polyglotte. Je parle anglais, français, italien, espagnol. Pour l’anglais je n’ai pas de mérite, ma mère est britannique. Depuis 6 ans je suis au chômage. J’ai pas grand-chose comme diplôme. J’ai le brevet des collèges, un CAP menuiserie, un BEP distribution. J’ai travaillé un peu partout, dans un supermarché, au changement de pots d’échappements, aux archives de Paris, dans une association pour le compte du ministère de l’Education Nationale. Le chômage, ça va quand même parce que je fais pas mal d’activités chez moi. Mon curé, il m’a mis le grappin dessus, il ne me lâche plus. Je suis sacristain, servant de messe depuis 10 ans.

Avec Handamitié on se voit une fois par mois dans les locaux de la paroisse à Paris, pour une catéchèse adaptée. Cette association est née lors des JMJ de Rome, puis ils ont remis le couvert avec Cologne puis Madrid…

Anne P. : Et toi Alexandre, comment as-tu atterri aux JMJ Hors-Normes ?

Alexandre : Je fais partie d’un clan routier et je suis ici pour aider. Avec les autres Scouts de mon clan, on cherchait à être accompagnateurs. L’Arche nous a orientés vers Handamitié. Je trouve que ça apporte plus d’être au quotidien avec une personne handicapée. Marc est autonome. J’imagine que l’accompagnement est très différent en fonction des binômes. Toi, Marc, tu gères tes vêtements, tes médicaments, ta douche. Seulement, comme tu n’entends pas bien, je te réexplique parfois les consignes. J’essaye juste de savoir où tu es, surtout dès qu’on sort du camp comme hier à Wallonia au sanctuaire de la Miséricorde. A l’extérieur je dois être proche de toi à tout moment parce que tu peux facilement être désorienté.

Marc : C’est vrai qu’à l’extérieur je peux me perdre. Ce n’est pourtant pas la première fois que je viens en Pologne. J’étais aux JMJ de Czestochowa et une autre fois pour un accompagnement de Solidarnosc… ce qui m’a permis de rencontrer de rencontrer des Polonais. Les Polonais sont toujours souriants, à leur fenêtre ils nous regardent. On se dit bonjour.

Anne P. : Qu’est-ce que vous pensez de la vie sur ce camp ?

Alexandre : C’est la première fois que j’accompagne, la première fois que je viens à L’Arche et la première fois que je vais aux JMJ. L’Arche, je savais ce que c’était, et c’est encore plus amical que ce que je pensais. Je découvre tout ce que les personnes avec un handicap peuvent apporter.

Marc : Ça ne me gêne pas du tout de dormir sous la tente. J’étais scout dans ma jeunesse. Ça forme. Etre accompagné par un scout ? Ça me rappelle ma jeunesse.

Anne P. : Qu’est-ce qui vous marque le plus ici ?

Alexandre : Vivre entre accompagnants, accompagnés est une expérience formidable. Quand je vois l’intensité des pré-JMJ, ça donne de bons espoirs pour les jours à venir…

Marc : Un handicapé c’est très attachant. Moi j’appelle ça « une bombe d’amour ».

Alexandre : Ici on fait des free hugs [TRAD : câlins] à volonté. C’est un peu bizarre la première fois mais finalement : On fait plaisir et on se fait plaisir. C’est des petites choses… Une personne qui vient sourire à côté de toi sans raison, ou encore : Moi le matin il ne faut pas me parler. Renaud, 45 ans, 2 doigts à chaque main, est un gars très attachant, qui positive toujours, et tous les matins il disait : « C’est une belle journée ».

Marc : Je le connais bien, Renaud. Il a été abandonné à la naissance, et quand je vois ce qu’il est devenu, je dis « chapeau ».

Anne P. : Que retiendrez-vous des JMJ Hors-Norme ?

Marc : C’est une chouette expérience à vivre. Il faut absolument vivre ça au moins une fois dans sa vie.

Alexandre : Concernant mes choix d’avenir, ces JMJ confirment plutôt mes idées. Je sors d’une année de prépa ingénieur. Les JMJ permettent de prendre le temps de réfléchir sur ce qui nous plaît, ne nous plaît pas. Ça me donne envie de cheminer encore plus comme catholique et ça m’encourage à parler de mes valeurs. J’avais décidé d’aider un jeune en difficulté près de ma prépa, 1h par semaine. Et je me dis que je vais continuer ça.